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Être loyal sans se trahir | Le défi silencieux des gestionnaires

  • michelinegarceau
  • 6 juil.
  • 2 min de lecture

Il existe une situation dont on parle rarement.

Vous êtes gestionnaire. La haute direction annonce une décision importante.

Vous la découvrez parfois en même temps que votre équipe. Ou vous la connaissiez déjà, sans avoir réellement eu votre mot à dire.

Et si vous êtes honnête avec vous-même… vous n'êtes pas convaincu.

Pourtant, quelques heures, ou parfois quelques minutes plus tard, vous devrez l'expliquer à votre équipe.

Et c'est là que commence l'un des exercices de leadership les plus exigeants.

Pas parce que la décision est impopulaire.

Parce qu'elle entre parfois en conflit avec vos propres valeurs.

Le malaise invisible

Les employés pensent souvent que leur gestionnaire est « du côté de la direction ».

La direction pense parfois que son gestionnaire est son porte-parole.

En réalité, le gestionnaire se retrouve souvent entre les deux.

Il reçoit la colère. Les inquiétudes.

Les questions auxquelles il ne peut pas toujours répondre.

Et, en même temps, il doit continuer à mobiliser son équipe.

Cette position est émotionnellement exigeante.

Elle demande beaucoup plus qu'une bonne capacité de communication.

Elle exige une véritable régulation intérieure.

Le piège

Lorsque nous sommes inconfortables, deux réactions apparaissent fréquemment.

La première consiste à prendre complètement le parti des employés.

« Je suis bien d'accord avec vous, mais je n'y peux rien. »

Sur le moment, cela procure un certain soulagement.

Mais cela fragilise la crédibilité du gestionnaire et accentue parfois le sentiment d'impuissance de toute l'équipe.

L'autre réaction consiste à défendre aveuglément la décision. Sans nuance. Sans reconnaître les impacts.

Les employés ne sont pas dupes. Ils sentent rapidement lorsqu'un discours sonne faux.

Et c'est souvent à ce moment-là que la confiance s'effrite.

Il existe pourtant un troisième chemin

Être authentique ne signifie pas tout dire.

Être loyal ne signifie pas renier ses convictions.

Il est possible de reconnaître les émotions de son équipe sans alimenter la contestation.

Par exemple :

« Je comprends que cette décision soulève beaucoup de réactions. Certaines préoccupations sont tout à fait légitimes. Mon rôle aujourd'hui est de vous expliquer ce qui est connu, de répondre à vos questions dans la mesure de ce que je peux partager et de faire remonter vos préoccupations là où elles doivent être entendues. »

Ce type de posture ne cherche pas à convaincre. Elle cherche à créer de la sécurité psychologique.

Le courage tranquille

Le leadership ne consiste pas uniquement à prendre des décisions.

Il consiste aussi à porter celles que l'on n'a pas prises.

Avec intégrité. Avec respect. Sans jouer un rôle.

Sans alimenter davantage les tensions.

Parfois, le plus grand courage d'un gestionnaire consiste simplement à rester présent dans l'inconfort, à écouter sans se défendre, à expliquer sans manipuler et à demeurer profondément humain.

Une question qui mérite réflexion

La prochaine fois que vous devrez annoncer une décision difficile, demandez-vous ceci :

Comment puis-je demeurer fidèle à mes valeurs tout en assumant pleinement mon rôle de leader?

C'est souvent dans cette réponse que se construit la confiance.

 

 

 

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