La congruence: Quand les bottines ne suivent pas les babines
- michelinegarceau
- 10 févr.
- 3 min de lecture

Il y a des expressions populaires qui disent tout, sans détour. « Les bottines ne suivent pas les babines » en fait partie. Elle pointe ce malaise diffus que l’on ressent quand les paroles d’une personne sont belles, inspirantes… mais que les gestes ne suivent pas. Quelque chose cloche. Sans toujours pouvoir l’expliquer rationnellement, on le sent.
Récemment, j’ai vécu une situation de ce genre. Les mots étaient là. Les intentions exprimées aussi. Et pourtant, intérieurement, un signal demeurait allumé. Un décalage subtil, mais persistant. Les paroles disaient une chose… et quelque chose sonnait faux. Puis, il est devenu clair que les comportements racontaient une autre histoire.
Cette expérience m’a rappelé à quel point la congruence est un pilier fondamental de toute relation authentique — qu’elle soit intime, amicale, familiale ou professionnelle.
La congruence, ce n’est pas qu’une valeur morale
On associe souvent la congruence à l’honnêteté ou à l’intégrité. C’est vrai, mais c’est aussi plus que ça. Être congruent, c’est lorsque ce que je pense, ce que je dis et ce que je fais vont dans la même direction.
Quand il y a alignement, les relations deviennent plus fluides. On se sent en sécurité. On sait à quoi s’en tenir.
À l’inverse, l’incongruence crée de la confusion. Elle érode la confiance. Elle oblige l’autre à décoder, à interpréter, voire à douter de son propre ressenti.
Ce radar intérieur qu’on ignore trop souvent
Dans cette relation, ce n’est pas un geste spectaculaire ou une parole choquante qui m’a alertée. C’était plus subtil. Une incohérence répétée entre ce qui était dit et ce qui était réellement incarné.
Et pourtant, le corps, lui, savait.
Ce radar intérieur — cette intuition — est le même qui s’active lorsqu’un leader parle d’écoute, mais ne prend jamais le temps d’écouter. Quand on prône la collaboration, mais que les décisions sont prises en vase clos. Quand on affiche des valeurs, mais que les comportements quotidiens racontent une autre histoire.
Leadership et congruence : une question de crédibilité
En contexte professionnel, la congruence n’est pas un « nice to have ». C’est une condition de crédibilité.
Un leader incongruent peut être compétent, intelligent, stratégique. Mais il ou elle laissera derrière lui un climat de méfiance, de cynisme ou de désengagement.
À l’inverse, un leader congruent n’a pas besoin d’en faire trop. Ses gestes parlent pour lui. Il inspire parce qu’il incarne.
La congruence, en leadership, c’est notamment :
dire les choses telles qu’elles sont, avec respect
assumer ses décisions
reconnaître ses incohérences lorsqu’elles existent
aligner ses comportements avec les valeurs qu’il ou elle proclame
Dans la vie personnelle, un acte de respect
Dans les relations personnelles, l’incongruence est souvent vécue comme une trahison silencieuse. Pas nécessairement parce que l’autre ment ouvertement, mais parce qu’il ne s’engage pas là où il dit s’engager.
Être congruent, ce n’est pas être parfait. C’est être vrai.
Et si la congruence commençait par soi?
Ce genre de situation est aussi une invitation à l’introspection.
Qu’est-ce que je tolère?
Qu’est-ce que je rationalise?
À quel moment est-ce que je choisis de ne pas écouter mon propre ressenti?
Cultiver la congruence, c’est aussi apprendre à s’honorer soi-même. À reconnaître quand quelque chose ne sonne pas juste. Et à agir en cohérence avec ce que l’on sent, même lorsque c’est inconfortable.
En conclusion

Les bottines qui ne suivent pas les babines finissent toujours par laisser des traces. Dans la confiance. Dans l’estime. Dans la qualité des relations.
Que ce soit comme leader, comme partenaire, comme collègue ou simplement comme humain, la congruence est peut-être l’un des plus grands actes de considération que l’on puisse poser — envers les autres, et envers soi-même.
Parce qu’au fond, les relations authentiques ne se construisent pas sur de beaux discours, mais sur des gestes alignés.




Très vrai