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Clarté mentale: Et si votre manque de concentration était plutôt un manque d’espace mental?

Photo du rédacteur: Micheline Garceau
Micheline Garceau
17 août
5 min de lecture

Vous arrive-t-il de relire trois fois le même paragraphe sans vraiment retenir ce que vous venez de lire?

De passer d'un dossier à l'autre sans réussir à avancer réellement?

Ou encore de vous retrouver devant une décision relativement simple et d'avoir soudainement l'impression de ne plus savoir quoi penser?

Dans ces moments-là, notre premier réflexe est souvent de remettre en question notre concentration.


Je suis fatigué. Je manque de focus. Il faut vraiment que je me ressaisisse.


Et si le problème était ailleurs?


Et si notre cerveau n'avait tout simplement plus suffisamment d'espace pour réfléchir clairement?


Notre cerveau n'est pas conçu pour tout traiter en même temps

Au cours d'une journée, nous sollicitons continuellement notre attention.

Courriels. Messages. Réunions. Notifications. Décisions. Problèmes à résoudre. Informations à retenir. Conversations à poursuivre. Tâches commencées, interrompues, puis reprises.


À cela s'ajoute tout ce qui continue de nous habiter en arrière-plan : une conversation difficile, une décision à prendre, quelque chose qu'on ne veut pas oublier, une préoccupation personnelle ou simplement la longue liste de choses qui restent à faire.

Même lorsque nous ne pensons pas consciemment à tout cela, une partie de notre attention demeure mobilisée.


Notre mémoire de travail — cette sorte d'espace mental temporaire qui nous permet de manipuler de l'information, de réfléchir et de prendre des décisions — a une capacité limitée.


Lorsqu'elle est trop sollicitée, quelque chose commence à changer. Nous avons plus de difficulté à nous concentrer. Nous devenons plus facilement distraits. Les décisions demandent davantage d'effort. Notre pensée devient moins fluide.


Ce que nous interprétons parfois comme un manque de concentration peut alors être tout simplement un cerveau saturé.


Le piège : essayer encore plus fort


Lorsque nous sentons que notre efficacité diminue, nous avons souvent le réflexe de faire exactement ce qui risque d'aggraver la situation : nous insistons.


Encore un courriel. Encore quinze minutes. Je vais terminer ce document avant de prendre une pause. Nous essayons de forcer notre cerveau à produire alors qu'il nous indique peut-être qu'il a besoin de récupérer.


C'est un peu comme continuer à ouvrir des fenêtres sur un ordinateur qui commence déjà à ralentir. À un certain moment, ajouter une fenêtre de plus ne nous aide pas à avancer.


Il faut libérer de l'espace.


Pourquoi une simple pause peut parfois tout changer


L'expérience est assez familière.

Vous travaillez depuis un long moment sur un problème sans trouver de solution. Vous quittez votre écran. Vous allez marcher quelques minutes. Vous prenez l'air. Vous préparez un café. Vous faites quelque chose qui n'a absolument rien à voir avec le problème.


Et soudainement, une idée apparaît.


Ou vous revenez à votre bureau et ce qui semblait compliqué quelques minutes auparavant paraît beaucoup plus clair.


Ce n'est pas nécessairement parce que votre cerveau avait cessé de travailler.

Lorsque nous cessons de diriger constamment notre attention vers une tâche précise, nous permettons à d'autres processus mentaux de prendre davantage de place. Le cerveau peut alors faire des associations, intégrer certaines informations et réorganiser ce que nous venons de traiter.

Autrement dit, ne pas réfléchir activement à un problème peut parfois faire partie du processus de réflexion.


Nous confondons parfois productivité et sollicitation constante


Dans nos environnements de travail, nous avons appris à valoriser l'action.

Faire. Répondre. Produire. Décider. Avancer. Une journée bien remplie nous donne facilement l'impression d'avoir été productive.


Pourtant, notre cerveau n'évalue pas sa journée en fonction du nombre de cases cochées dans notre agenda. Il a besoin d'alterner entre des périodes de sollicitation et des périodes de récupération.


Et ces périodes n'ont pas nécessairement besoin d'être longues. Quelques minutes sans écran. Une courte marche. Un moment de silence entre deux réunions. Regarder dehors plutôt que consulter son téléphone. Respirer quelques instants avant de commencer la prochaine tâche.


Ces petits espaces peuvent sembler improductifs. Ils sont pourtant parfois exactement ce dont notre cerveau a besoin pour retrouver sa capacité à traiter l'information avec plus de clarté.

Retrouver la clarté mentale : réduire, déposer, récupérer

Lorsque notre esprit devient embrouillé, plutôt que de nous demander immédiatement comment être plus concentrés, trois autres questions peuvent être utiles.


1. Qu'est-ce que je peux réduire?

Toutes les sollicitations ne sont pas nécessaires.

Fermer quelques onglets. Désactiver certaines notifications. Terminer une tâche avant d'en ouvrir une autre. Regrouper les moments consacrés aux courriels.

Réduire le nombre de choses qui réclament simultanément notre attention peut déjà libérer une partie de notre espace mental.


2. Qu'est-ce que je peux déposer?

Notre cerveau dépense aussi de l'énergie à essayer de ne pas oublier.

Une idée. Un appel à faire. Une tâche à terminer. Une question à régler.

Les écrire quelque part permet de ne plus avoir à les garder constamment actives dans notre esprit.

Parfois, retrouver de la clarté commence simplement par sortir certaines choses de notre tête.


3. De quoi ai-je besoin pour récupérer?

C'est probablement la question que nous posons le moins souvent.

Ai-je besoin de cinq minutes dehors? De bouger? De silence? De fermer mon écran? De prendre quelques respirations plus lentes? De dormir?

La récupération n'est pas nécessairement une récompense que l'on s'accorde après avoir été suffisamment productif.

Elle fait partie des conditions qui nous permettent de l'être.

Femme à l'ordinateur qui réfléchit pour prendre une pause mentale

Créer de l'espace plutôt que forcer la concentration

Nous cherchons souvent à améliorer notre concentration en ajoutant quelque chose : une méthode, une application, une nouvelle technique de productivité.

Mais peut-être que, dans certaines situations, la réponse consiste plutôt à enlever.

Moins de sollicitations. Moins d'interruptions. Moins de choses maintenues simultanément dans notre tête.


Et un peu plus d'espace.


Parce que la clarté mentale ne consiste pas nécessairement à mieux contrôler nos pensées. Elle consiste parfois simplement à créer suffisamment d'espace pour qu'elles puissent s'organiser.


Alors, la prochaine fois que vous vous surprendrez à relire trois fois la même phrase ou à fixer votre écran sans réellement avancer, plutôt que de vous dire :

« Il faut que je me concentre. »

Essayez peut-être une autre question :


« De quoi mon cerveau a-t-il besoin pour retrouver un peu d'espace? »

La réponse pourrait bien être plus simple que vous ne le pensez.


🌿Pour poursuivre votre réflexion


Parce qu'une réflexion en nourrit souvent une autre, je vous propose trois lectures complémentaires.

 

 

 

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