Les réunions en travail hybride: celles épuisent… et celles qui transforment
- michelinegarceau
- il y a 1 jour
- 3 min de lecture
Depuis le retour progressif en présentiel, dans mes discussions avec des employés comme dans mes séances de coaching auprès de gestionnaires, j’observe un phénomène qui tend à se généraliser.
Alors que plusieurs employés continuent de travailler de la maison et que certaines organisations imposent désormais une présence au bureau quelques jours par semaine, les réunions se multiplient.

On les planifie avec de bonnes intentions: entretenir l’esprit d’équipe, maintenir le contact humain, éviter l’isolement, recréer un sentiment d’appartenance.
Mais placer des personnes dans une même pièce — ou sur un même appel Teams — ne suffit pas à atteindre ces objectifs. Et, paradoxalement, ces réunions peuvent même produire l’effet inverse.
Quand la réunion devient une fausse réponse à un vrai besoin
Le besoin est pourtant bien réel : se reconnecter, se sentir partie prenante, rester aligné malgré la distance. La réunion, elle, devient parfois une réponse automatique.
On se dit :
« Profitons de la journée au bureau pour nous voir »
« C’est important de se parler en vrai »
« On ne peut pas perdre le lien »
Mais trop souvent, ces rencontres manquent de substance.
Résultat : des employés se déplacent, ajustent leur horaire, interrompent leur concentration… pour participer à des réunions qui n’apportent ni clarté, ni décision, ni réelle connexion humaine.
Ce qui devait nourrir l’engagement finit par l’éroder.
Les réunions qui épuisent
Dans un contexte hybride, les réunions énergivores ont souvent ceci en commun :
Un objectif flou : on se réunit parce qu’on est « enfin ensemble ».
Un contenu pauvre : peu de valeur ajoutée par rapport à ce qui aurait pu être partagé autrement.
Une participation inégale : certains sont physiquement présents, d’autres à distance, créant un déséquilibre.
Une impression de temps gaspillé : particulièrement pour celles et ceux qui ont fait l’effort de se déplacer.
Ces réunions n’entretiennent pas le lien. Elles génèrent de la fatigue, du cynisme et, parfois, une démobilisation silencieuse.
Les réunions qui transforment
À l’inverse, les réunions qui transforment ne misent pas uniquement sur la proximité physique. Elles misent sur la qualité de l’expérience collective.
On y retrouve :
Une intention explicite : pourquoi est-il important d’être ensemble, ici et maintenant?
Un design réfléchi : interactions, échanges réels, co-construction.
Une attention à l’équité présentiel–distance : chaque voix compte, peu importe d’où elle s’exprime.
Un impact clair : décisions prises, alignement renforcé, sens partagé.
Ces réunions ne servent pas seulement à « garder le contact ».Elles renforcent la confiance, la responsabilité et la capacité à travailler ensemble malgré la distance.
La réunion, révélatrice de la culture
Chaque réunion envoie un message — et encore plus dans notre contexte post pandémie.
Elle dit quelque chose de la façon dont l’organisation :
considère le temps et l’énergie de ses employés,
comprend la collaboration en mode hybride,
confond (ou non) présence et engagement.
Transformer les réunions, ce n’est pas simplement améliorer l’agenda. C’est reconnaître que le lien humain se cultive par le sens, pas par la présence forcée.
Une question essentielle à se poser
Avant de planifier la prochaine réunion — surtout lorsqu’elle implique un déplacement ou une présence imposée — je vous invite à vous demander :
Quelle valeur unique cette rencontre crée-t-elle que nous ne pourrions pas créer autrement ?
Si la réponse n’est pas claire, peut-être que la réunion n’est pas la bonne solution. Et si elle l’est, alors elle mérite d’être pensée comme un véritable espace de connexion, de décision et de leadership collectif.
Parce qu’en travail hybride, ce ne sont pas les réunions qui font l’équipe. C’est la qualité de ce que l’on vit ensemble lorsqu’on se réunit.




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